Merci au mini éclair au chocolat d’exister ! Grâce à vous, j’ai pu rencontrer la femme écolo-chic du moment : Wenhua Duvergé. Cette styliste Chinoise engagée, a créé la marque qui porte son nom, en 2014. Une collection à base de coton bio organic ou de matières recyclées. Sa ligne stylisée est extrêmement agréable à porter. Le pari, de présenter une collection Écolo-Chic avec du style est réussi ! Sa première boutique a ouvert en septembre 2015, à Paris 17ème. Son eshop, en Novembre. Mise en lumière d’une créatrice de mode écoresponsable.

Je passe devant la seule boutique, rue Legendre, ouverte un dimanche pour un vernissage. Curieuse, je regarde la vitrine. L’inscription écolo-chic m’interpelle et le fameux mini éclair au chocolat se pointe devant mon nez ! Impossible de résister à l’appel du chocolat ! Quelle bonne idée, Laurent Duvergé (le mari de Wenhua) a eue, en m’offrant cette délicieuse mignardise ! Il me propose d’entrer dans la boutique et de découvrir la collection bio organic. Très vite de belles couleurs sautent à mes yeux. Je suis attirée par les coupes oversizes pour les hauts, sport/chic pour les bas ! La qualité est excellente au toucher. Je m’entretiens quelques minutes avec Wenhua. Très souriante et accueillante, nous convenons de nous rencontrer prochainement pour l’interviewer et qu’elle me présente son projet.

wenhua duvergé-shop

Bonjour Wenhua, pouvez-vous, vous présenter en quelques mots ?

Je suis chinoise. J’adore dessiner depuis petite. En Chine, j’ai suivi des cours de mode, stylisme, modélisme, à l’Université. Puis j’ai travaillé pendant 5 ans, en tant que responsable de style, pour un grand groupe d’import-export. J’avais besoin de progresser, d’apprendre d’autres choses, ailleurs. J’ai décidé de partir à Paris. Bien-sûr, je ne parlais pas un mot de français en arrivant, en 2002. J’ai alors pris des cours à l’Alliance française. J’ai choisi ESMOD car c’est l’école parfaite pour le stylisme et le prêt à porter.  Après deux ans de formation, j’ai obtenu mon diplôme de stylisme/modélisme. Ce qui m’a permis de travailler pendant plus de 15 ans pour différentes marques françaises, en tant que styliste.

En 2014, j’ai décidé de créer ma marque. Il m’a fallu un an pour définir clairement mon concept, dessiner et réaliser la première collection.

Comment avez-vous eu l’idée de créer votre marque écolo-chic ? 

L’inspiration pour Wenhua Duvergé, vient du mélange East and West entre mon prénom chinois et mon nom de famille français. Il symbolise qui je suis aujourd’hui.

Pour le positionnement, de ma marque, j’ai été influencée par le bouddha et mon mari ! (Rires).

Pendant ces dernières années, j’ai fait l’apprentissage du bouddhisme. L’équilibre entre la nature, l’humain et le respect des animaux. Cet enseignement a fait sens.  Depuis petite, j’adorais la viande. Mais les enseignements bouddhistes, nous apprennent que les animaux ont de la colère quand ils sont tués. Cela a été une révélation pour moi. Et j’ai choisi de changer de mode de vie. Je suis devenue végétarienne. Dans notre vie avec mon mari, tout est naturellement écologique. Depuis son master en écologie recyclée, il m’influence dans notre quotidien. Le tri, le composte, l’économie d’eau..

L’objectif de cette marque, est de partager avec les clients, l’esprit et le concept écologique. Je vois qu’il y a de plus en plus de personnes comme moi. A la recherche d’une équité entre le respect de l’environnement et la consommation. Par exemple ce matin, une cliente n’a pas voulu d’emballage après ses achats. Elle a utilisé naturellement un sac en tissu personnel.

Et vous justement, quel type d’emballages utilisez-vous pour vos vêtements ?

J’utilise un sac avec des matières recyclées. Pour chaque détail de mes créations, jusqu’à l’emballage, il y a quelque chose de recyclé.

Vous avez obtenu pour votre marque des certifications européennes et Internationales. Est-il difficile d’obtenir ces certifications Bio pour la mode ?

Oui, les conditions sont très exigeantes. Je sais ce que je souhaite produire et offrir aux clients. J’ai donc cherché les fournisseurs de tissu et de fils, de qualités. Avec mon expérience, ils sont faciles à identifier. J’ai obtenu le certificat écologique international, Ecolabel.

Comment avez-vous trouvé vos fournisseurs ? Où sont-ils basés ?

Je vais aux salons professionnels, français et chinois deux fois par an. « Première Vision », pour les tissus et les accessoires, afin de trouver les meilleurs fournisseurs en Europe.  Et le salon « Inter Textile » à Shangaï.

Dans l’esprit de certains Européens, il y a une image négative de la fabrication en Chine. Pour la qualité d’une part et d’autre part pour la pollution que peut engendrer l’importation. Qu’en pensez-vous ?

Made in China, ne veut pas dire mauvaise qualité. Toutes les grandes marques de luxe, Chanel, Dior et autres marques françaises fabriquent là-bas. L’important est de choisir des fournisseurs et des usines de qualité. Grâce à mon expérience de 20 ans,  j’ai le réseau et je sais choisir les bonnes usines.

Chaque pays a besoin de communiquer et de travailler ensemble pour continuer à se développer. Je ne pense pas que l’importation soit le plus grand facteur de pollution. Nous pouvons à notre échelle trouver d’autres solutions pour réduire la pollution que nous engendrons. Comme utiliser plus de voitures électriques. Consommer moins de charbon. Arrêter la consommation des produits de vaches.

Avez-vous prévu un concept où les personnes peuvent recycler leurs vêtements chez vous ?

C’est dans le planning. Comme je suis seule, je ne peux pas tout organiser tout de suite. Mais la moitié des matières sont recyclées, il n’y a pas que le bio. J’ai déjà un fournisseur en Chine qui fait du Polyester recyclé donc je suis en discussion avec lui. Les matières utilisées sont 100 % bio ou mélangé coton bio/recyclé.

Avez-vous aujourd’hui des concurrents ?

Il y a surtout des marques existantes fortes comme H&M, Nike, Adidas ou Stella Mac Cartney, qui ont fait des lignes écologiques. Les autres sont moins connues. Mon objectif est que d’autres marques au positionnement bio se développent.

Vous êtes seule à gérer cette entreprise, comment avez-vous financé vos débuts ?

Ma famille m’a aidé en me prêtant de l’argent. J’avais aussi un petit budget pour commencer. Je ne voulais pas faire appel aux banques pour éviter une pression supplémentaire. Je démarre doucement. Mon mari a un diplôme d’informaticien. Il a réalisé le site et la création de l’eshop.

Comment avez-vous choisi ce local dans le 17ème ?

Le choix du local, c’est beaucoup de travail et de recherches. J’ai un petit budget, je ne pouvais donc pas ouvrir dans une rue très commerçante. J’ai eu un coup de cœur pour cette boutique, au loyer pur. Mes deux priorités étaient d’être dans un quartier où je me sens en sécurité avec un loyer abordable. Le 17ème a donc été l’opportunité.

Comment avez-vous communiqué ? Comment avez vous choisi de vous faire connaitre ?

Au départ, j’ai créé des cartes postales, avec la photo d’un modèle portant une tenue et les inscriptions « Ecolo-Chic ». Je les ai envoyées à tout mon réseau, mon mari les a distribuées dans la rue. Il y a eu le vernissage, où nous nous sommes rencontrées ! L’occasion pour les passants de découvrir la boutique. Et la page Facebook, nous avons au total 5747  followers. C’est le seul réseau social que j’ai utilisé en France. Et WeChat, en Chine.

Pouvez-vous nous présenter votre collection A/H15-16 ?

Ce sont des modèles faciles à porter. Des basiques intemporels, avec des détails qui donnent à la ligne un style chic et « sportswear ». La moitié de la collection est oversize, l’autre moitié épouse plus la silhouette. Nous retrouvons les couleurs classiques comme le noir, le blanc et le gris. Et des couleurs fortes comme le rouge et l’orange chiné, qui ont du succès !

Il y a des robes, des hauts, des gilets. Je ne souhaite pas créer de grosses pièces (manteaux). Pour l’hiver, je fais des blousons, où les rembourrages sont fournis par un spécialiste de vêtement de Ski (thermocare), Italien. C’est du 100 % PET (bouteilles recyclées). Cela remplace les plumes des doudounes et tient très chaud.

La collection cible les femmes de tout âge, toute morphologie. Elles sont en général sensibles à un style de vie engagé. Bien-sûr, je respecte les animaux et ai donc décidé de ne pas créer des pièces de fourrure ou en cuir.

Quels sont les prix  ?

Débardeur 95 €, jusqu’à 270 € pour les longs Gilets.

Quel sera votre prochain projet ?

Rires. C’est un secret.

En fait c’est peut-être un rêve. Mais j’aimerai ouvrir un restaurant bio, végétarien. Je n’y connais rien pour le moment. C’est encore dans le domaine du rêve. On me demande si je vais créer une collection pour les enfants. J’ai une expertise pour le prêt à porter femme uniquement. Mais c’est une idée qui pourrait aussi m’intéresser.

Un conseil à donner à une personne qui souhaite lancer son entreprise ?

Il faut bien savoir ce que vous voulez exprimer, avec votre cœur et sincérité.

La collection : le Test !

J’ai eu la chance de pouvoir tester 5 jolies pièces que je me suis empressée de porter les jours suivant. Je suis convaincue par le style et le confort que chaque pièce offre. Ses gilets sont chauds et le blouson court rembourré avec du « thermocare » fait office de doudoune. Pas de plumes, juste une coupe chic et légère. Le tee-shirt en coton est si doux que je ne souhaite plus le quitter. Le pull blanc, coupe oversize fait fureur. Mes amies me demandent où je l’ai acheté. Chaque détail apporte la touche créateur qui habille les basiques.

Mon coup de Coeur, le Gilet Manteau, Eco Laine Mérinos extra fine !

wenhua duvergé-écolo-chic -manteau laine Mérinos

Le happy plus : J’ai été conquise par la personnalité bienveillante de Wenhua. Son idée positive et humaniste d’une nouvelle forme de mode. Optimiste quant aux différentes solutions que chacun peut apporter dans son quotidien. Je suis sortie de cet entretien avec une énergie écolo positive et des papillons dans le ventre.

J’ai envie de crier à tous, foncez la rencontrer !

Wenhua Duvergé, 31 rue Legendre, 75017 Paris, ESHOP