De toutes les matières, c’est le wax qu’elles préfèrent ! Belinda et Katia sont les interprètent urbaines et en vogue de ce tissu africain ! Elles créent respectivement des collections de prêt à porter et de turbans. Découvrir leur univers, c’est l’occasion de connaître les diverses origines du Pagne. Une matière première qui séduit aussi les podiums des couturiers.

Douces et pétillantes, ces deux femmes complémentaires vous communiquent leur belle énergie. Leur point commun ? le wax. Les deux entrepreneurs utilisent cette matière première pour concevoir leur collection de prêt à porter (My Belinda) et de turbans (Indira de Paris). Dessinées et fabriquées en France, ces créations puisent leur inspiration depuis l’Afrique. Continent d’origine de ces deux femmes. Leur positionnement : des coupes occidentales, urbaines et modernes aux influences africaines. Toutes ornées d’une touche de wax. Je les ai rencontrés au lancement de leur nouvelle collection. Elles ont ce « je ne sais quoi » qui vous remplit d’énergie et vous laisse ce petit sourire béa.

Qu’est-ce que le Pagne ?

Le Pagne, dont l’origine du mot est espagnol (Paño), signifie « morceau d’étoffe ». Il a été initialement conçu dans les pays chauds afin de couvrir le corps du nombril aux chevilles.

Pour Belinda, « le Pagne n’est pas seulement un bout de tissu ou un vêtement. Il est aussi un moyen d’expression culturel réunissant us et coutumes, croyances et traditions. Utilisé lors de cérémonies marquant la vie de la communauté (baptêmes, mariages, enterrements), il renforce les liens des groupes. Toute une symbolique accompagne son porté. Dans certains pays, il arrive de donner un nom à un Pagne. Exemple au Congo Brazzaville « Liso ya pite« , entendez « l’oeil de la putain » de sa version Ouest-Africaine « l’oeil de ma rivale ». Le pagne suscite une fascination telle qu’à chacune de ses apparitions il est baptisé, surnommé, chanté. »

Quelles sont les origines du Pagne (Wax) ?

Le wax Hollandais puise ses origines en Inde (berceau du tissu), selon Françoise Vergès. Lors de l’exil de certains Indiens vers Jakarta, c’est tout un savoir-faire qui est emmené. La conception de tissu devient une activité importante. Le batik Javanais est un tissu confectionné avec de la cire (wax) sur les deux faces afin de rendre le coton hydrophobe. À cette époque les échanges entre l’océan Indien et l’Afrique sont courants. Certains tissus commencent donc à circuler en Afrique de l’Ouest. Les Hollandais qui colonisent l’Indonésie découvre le batik et décident de créer en Hollande une industrie de production de ce tissu. Ils sont interdits par le gouvernement de revendre leur production aux Indonésiens. Leur business se reporte sur l’Afrique de l’ouest. En 1876 le wax hollandais devient le tissu africain ! Le pagne africain, le Kenté, le Bogolan sont des pagnes traditionnels dans lesquels le pagne moderne puise son inspiration.

De la rue aux podiums occidentaux !

Des quartiers mythiques ont émergé à Paris, après la diaspora africaine. Château Rouge en fait partie. Des jeunes créateurs dynamiques ont lancé leur propre marque. L’objectif étant de moderniser, de sophistiquer des coupes traditionnelles africaines pour s’adapter à la vie occidentale. Le phénomène s’est étendu hors du 18ème. C’est ainsi que j’ai pu découvrir la boutique de Belinda ! Toutes ont leurs styles et affirment un trait de personnalité qui peut convenir à chacun : trempé et coloré !

Les couturiers s’inspirent du wax ! Isabel Marant, Givenchy… Des créations colorées et graphiques pour leurs nouvelles collections. Certaines stars l’ont adopté et ont ainsi contribué à la promotion du Pagne !

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A photo posted by GIVENCHY (@givenchyofficial) on

wax pagne les curiosites daurel

© Création Julie Couture

My Belinda et Indira de Paris

Rencontre avec deux passionnées du wax : Belinda et Katia !

Belinda, Katia, Quel est votre parcours ? Comment est né cet espace créateur rue des Moines ?

Belinda : À la base je suis comptable ! J’ai repris mes études en 2006 pour obtenir un master en finances. Dans le cadre de cet apprentissage, nous avons participé à un concours de création d’entreprise et nous avons gagné un prix. Un élément déclencheur : j’avais envie de créer mon entreprise. Je me suis alors lancée avec ma marque de bijoux. Je confectionnais des pièces en argent et en or en Côte d’Ivoire, où je suis partie vivre. Plusieurs facteurs, comme la guerre, les frais de douanes et ceux liés à la fabrication de mon poinçon ont déstabilisés mon entreprise. Au bout d’un an j’ai décidé d’arrêter et de reprendre un travail pour vivre. J’étais toujours animée par l’idée de créer quelque chose autour de la couture et la mode. Jusqu’ici une passion que j’entretenais avec ma marraine, créatrice au Congo de la marque Libellule. J’ai pris des cours auprès d’une amie styliste pendant 3 ans. J’ai appris le patronage, le stylisme, la confection.

Katia : Pendant trois ans,  j’ai créé et commercialisé des bijoux de tête fantaisie. J’ai décidé d’arrêter en 2015 car le Headband devenait un marché saturé. J’ai réfléchi à des modèles de turbans faciles à mettre. J’ai donc commencé par cinq modèles de turbans avec des systèmes d’attache simplifiés : à scratch, avec des fils de fer élastiques. Il existe beaucoup de tutos sur Youtube. Selon mes clientes même en les regardant, elles n’y arrivent pas (rires). Depuis février 2016 Indira de Paris existe.

wax - les curiosites daurel - mybelinda - indiradeparis

Comment vous êtes-vous rencontrés ?

K : J’habite dans le coin et par hasard j’ai vu la boutique qui commercialisait du prêt à porter en wax. Il était écrit sur la vitrine :« espace créateur ». Je suis donc entrée pour lui présenter mes créations et lui demander si elle serait intéressée pour travailler avec d’autres créateurs. Depuis 4 mois nous travaillons ensemble.

B: Katia m’apporte beaucoup. Grace à elle j’ai modifié mon site internet et je suis plus présente sur les réseaux sociaux. J’étais beaucoup dans la production et j’avais besoin d’aide sur la communication. J’ai 3 enfants alors ce n’est pas facile de tout gérer.

Où vous fournissez-vous pour le wax ?

B: La plupart des tissus viennent de la Côte d’Ivoire. Il existe des pays précurseurs comme le Cameroun et la Côte d’Ivoire qui fabriquent le wax et leurs propres tissus. Par exemple le Oudine on peut l’acheter en côte d’Ivoire uniquement car il est distribué seulement en Afrique. Tout est conçu à Herblay !

Qui est votre clientèle ?

K: Nous avons été très bien reçues dans le quartier. Il y a peu de boutiques de prêt à porter. Nous recevons principalement des gens du quartier ou de passage.

B: La femme occidentale ne se représentait pas dans le wax. Elles avaient peur que la couleur ne leur aille pas. Désormais, 80% de la clientèle est occidentale. Nous drainons du monde lorsque nous faisons des annonces sur Facebook. Et ce qui fonctionne le mieux c’est le bouche à oreille. L’été dernier j’ai fait des ventes éphémères dans le 19ème. Depuis j’ai des client(e)s qui viennent de là-bas.

Quels sont vos produits phares ?

B: Les accessoires fonctionnent bien ! Les sacs, les pochettes, les bijoux. L’accessoire est la touche qui habille et finalise un style. Un bon début pour ceux qui souhaitent porter du wax mais n’osent pas encore !

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B: Pour ma précédente collection, j’ai réalisé des robes portefeuilles. Ces coupes classiques sciés à toutes les femmes et les morphologies. Elles ont toutes été vendues ! La coupe moderne année 60 fonctionne bien aussi.

K: Les turbans et les bandeaux permettent aussi de donner une touche de rappel ou bien d’apporter de la couleur dans son style. Les clientes y vont par étapes. Elles commencent par un bandeau uni puis choisissent un tissu avec plus d’imprimés.

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Quels événements menez vous ensemble ? Quelles sont vos actualités ?

B: Nous avons toutes les deux participé au salon du Vintage au Carreau du temple à la mi octobre. Nous organisons régulièrement des événements dans la boutique. La nouvelle collection est arrivée ! Et je me suis consacrée à la création d’une ligne enfant.

K: J’aimerai que ma marque m’emmène là où je souhaite. C’est à dire qu’elle continue dans sa lignée pour que je puisse ensuite créer toute une collection.

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Retrouvez toute l’actualité de ces deux créatrices en un clic !

Le site de My Belinda, Instagram et Facebook
Le site d’ Indira de Paris, Instagram et Facebook

Boutique : espace créateur au 111 rue des moines, 75017. Tel : 01 42 28 62 41

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